Nothing rien niks nada

du Panach’Club

15.10.13 > 02.11.13

Centre culturel des Riches-Claires

(Grande Salle)

Spectacle nomine aux Prix du Theatre 2011, categorie « Mise en scene »

Nothing, c’est l’histoire de neuf personnes terriblement ordinaires, qui ont beaucoup de choses à faire et pas vraiment de temps à perdre.

Pressés, carrés, stressés comme tout le monde, ils attendent leur tour dans la ronde de l’humanité.

Chacun à leur place dans l’ordre du cosmos, ils vivent soigneusement la grande histoire de leur petite vie, unique et insignifiante. Les minutes, les heures, les années passent et le sommeil ne vient pas. Pas de répit au perpétuel recommencement des jours, pas de soubresaut dans la marche

Dans le fracas muet de l’attente, des sourcils se froncent et des lèvres frémissent. Soupirs et grognements dans la salle des pas perdus. Dans la danse des politesses, des profils se dessinent, la tension monte et les clans se forment, imperceptiblement. Les tics déforment les conventions, l’ennui prend place et s’infiltre sous les masques.

Ca grince des dents, ça se mouche d’indignation, ça lève les yeux au ciel et ça décroise les jambes. Entre jupes plissées et chemises froissées, les sens aux aguets, c’est chacun pour soi dans la détresse du ticket. Doute-malaise-inquiétude-peur-angoisse, comment faire pour trouver sa place ?

Un arrêt sur image, portrait ahuri de la condition humaine en déséquilibre.

Le temps d’un bâillement, le discours en suspens, naît l’impression étrange d’un « pas-si-mal-être » ambiant…

On pressent la douce folie d’un égarement et finalement, c’est rien.

Un « Rien » drolement rempli !

MAKEREEL,CATHERINE / Page 43 / Samedi 19 mars 2011 / Théâtre « Nothing – Rien – Niks – Nada » au 210

CRITIQUE

Il a du culot ce Panach’ Club : entraîner le spectateur durant une heure sur le thème du « rien », voilà qui est gonflé. C’est bien cela, gonflé, et même copieusement empli, bouffi d’absurde, enflé d’un humour burlesque que n’auraient renié ni les Marx Brothers ni les Deschiens.

Depuis A la recherche du sens de la vie perdu, on savait cette bande de fous joyeux (neuf à l’écriture et sur scène) prompte à se chatouiller le ciboulot sur des questions existentielles avec un imaginaire effervescent et complètement foldingue. Voilà qu’ils remettent ça avec Nothing – Rien – Niks – Nada, sorte d’En Attendant Godotversion Monty Pythons.

Sur la scène, dix chaises en rang d’oignons, bientôt le siège d’une file d’attente, tournant aux divagations les plus surréalistes. Un à un déboulent des personnages hyper typés, du fonctionnaire grincheux à la timide maladive, du pervers collant à la mécano bourrue. Tous munis d’un ticket (pour on ne sait où), ils attendent (on ne sait quoi) et rivalisent de stratégies pour grappiller une place dans un manège hyper rythmé. Et muet !

Spectacle entièrement sans paroles (mis à part quelques rugissements, dont un orgasme spectaculaire), Nothingest bourré de sous-textes, dans un ballet poilant qui dit beaucoup sur la condition humaine, ses angoisses, son égoïsme, sa bêtise ou sa grandeur. Mise en scène par le fidèle Eric De Staercke, la pièce est d’une inventivité visuelle étonnante, et minutieusement millimétrée.

Dans des cascades à la Buster Keaton ou dans des mêlées savamment chorégraphiées, dans des duos intimes ou des mouvements d’ensemble à vous donner le mal de mer, la troupe vous prend par surprise à chaque tournant. Vous y croiserez des carottes baladeuses qui ont le sens du rythme, des luttes humaines dignes de la tauromachie, un couple en rut qui finit par roucouler dans des gobelets, d’oniriques poupées mécaniques ou un cadavre sacrément malmené.

Vous voilà prévenus, il faut un certain goût de l’absurde pour apprécier l’épopée. Le comique de répétition fonctionne ici à fond avec des idées toutes simples, éperonnées par une complicité étonnante. Coincés avec eux dans cette salle d’attente mystérieuse, on ne voit pourtant pas le temps passer. Le Panach’ Club fait de ce no man’s land un nomade’s land, de ce trou noir un sommet brillant, un sas sensas !

 

Lien vers article Le Soir

 

Personnages burlesques dans une salle d’attente

CAMILLE DE MARCILLY / Publié le samedi 02 avril 2011 à 04h45 / Mis à jour le samedi 02 avril 2011 à 04h45

Si le Panach’Club, collectif de jeunes comédiens issus de l’IAD, a toujours flirté avec l’absurde et un surréalisme savoureux, il atteint le sommet de son art avec sa nouvelle création, « Nothing – Rien – Niks – Nada ». Dans ce spectacle entièrement muet, les neuf acteurs complices et joyeusement déjantés qui s’étaient fait connaître avec « A la recherche du sens de la vie perdu » mettent tout leur talent au service de personnages très typés, le fonctionnaire coincé, la mécano grincheuse, l’étudiant survolté, la timide, le pervers, la sexy

Sur scène, dix chaises côte à côte dans une salle d’attente improbable où les comédiens prennent place un à un et patientent avec un ticket pour on ne sait quoi. En général que se passe-t-il quand on attend ? Rien ! Ou en tout cas pas grand-chose… C’est là où le titre du spectacle est trompeur, car les événements vont se succéder à un rythme fou ! Carottes en folie, cadavre étrange, transformations, parade amoureuse et roucoulante, luttes pour arriver le premier sous nos yeux et sans une parole – excepté quelques cris et autres orgasmes étonnants – toute une comédie humaine se déroule avec son lot d’amours éphémères, de combats, d’arrivisme, de prétention, de lâcheté, de pusillanimité, de manipulation.

Proches de la caricature mais incroyablement justes, les neufs comédiens talentueux développent un jeu très physique et expressif remarquable qui n’aurait pas déplu à Buster Keaton ou aux Monty Pythons. En maître d’orchestre de ce spectacle visuel mêlant duos et mouvements d’ensemble, l’ancien prof de la réjouissante bande, Eric De Staercke, qui a millimétré le jeu précis et désopilant. Le défi de « Nothing – Rien – Niks – Nada » résidait dans la métamorphose d’une situation banale et de petits événements simples en un spectacle où on reste captivé sans manquer une seconde de ce ballet incongru. C’est réussi ! Un véritable coup de cœur pour cette création inventive, drôle et touchante.



Lien vers article La Libre

« Ce n’est pas que je ne veux rien faire, j’attends seulement que la rivière ait fini de couler pour traverser. » Jacques Lassalle d’Attente

Eclairages : Benoît Lavalard / Chorégraphies : Léonore Guy / Musique : Eloi Baudimont / Costumes : Justine Drabs / Décor : Pauline Picry / Programme : Anouchka Crahay / Clips, making of : Alizée Honoré / Graphisme affiche : Nicolas Enthoven / Photographe : Adrian Nyckees / Cascades : Raphaël Charlier / Coaching mental : Aïssatou Diop / Assistanat à la mise en scène : Cécile Delberghe / Mise en scène : Eric De Staercke / Distribution : Marc Weiss, Fanny Hanciaux, Maud Lefebvre, Marie-Noëlle Hébrant, Arnaud Crèvecoeur, Laetitia Salsano, Sébastien Schmit, Valéry Massion, Delphine Ysaye

Contact diffusion : diffusion.panachclub@gmail.com

Rien ce n’est pas n’importe quoi! Rien ce n’est pas un petit peu. Rien, ce n’est pas « pas grand chose ». Rien c’est tout, c’est absolu et infini! Rien c’est l’origine de tout et l’aboutissement de tout! Rien, c’est la liberté! Se battre pour un petit rien! Vivre pour rien et faire ça pour rien! Rien, c’est le sens de toute création! A quoi sert la culture, à quoi sert l’art, à quoi servons-nous ? Nous ne servons à rien! Et pourtant, on a besoin de rien ! Enfin de ce rien… pour vivre… Si ça ne vous dit rien, ça vous dit déjà quelque chose!

Apres n’avoir rien fait a travers toute la Wallonie, le Panach’Club pose enfin ses chaises aux Riches-Claires, pour rien !

Centre Culturel des Riches-Claires
24 rue des Riches-Claires
B-1000 Bruxelles

Reservations

02/548 25 80 ou cliquez ici !

Représentations du mardi au samedi à 20h30, sauf les mercredis à 19h00

Facilites de parking

Interparking Albertine

Tarif préférentiel pour les spectateurs Riches-Claires : 2,50€ pour 3 heures.

Entrée : Place de la Justice

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