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A LA RECHERCHE DU SENS DE LA VIE PERDU

Dans le sens des planches

Le miracle a eu lieu il y a quelques semaines au Centre culturel des Riches-Claires, à Bruxelles (la preuve, j’y étais…) : il y a donc moyen de se rendre au théâtre et de littéralement s’éclater, entouré d’une foule qui se masse et qui, dans son écrasante majorité, n’a pas 75 ans !
Cette réconciliation avec les planches, on la doit au  » Panach’Club  » et à son spectacle

«  A la recherche du sens de lavie perdu  », mis en scène et parrainé par l’ancien prof de la troupe de l’IAD, Eric De Staercke.
Soit deux heures de fous rires et d’énergie qui, deuxième miracle, vous font oublier aussi combien on est mal assis au théâtre !
Le Panach’Club, ce sont douze demi-fous, hommes et femmes, bourrés de talent et d’idées : une troupe à la Robin des Bois, un humour à la Monty Python, un esprit typiquement surréaliste et belge…
Le spectacle a fait salle comble tous les soirs, et tournera encore en Belgique et en France dans les mois qui viennent.

Pepperplug 12 mai 2004

- Le Soir ( Mad – Le choix étoilé : Spectacle 3 étoiles.), le 26/03/03.

- « Il vous reste deux jours pour découvrir ce spectacle absurde et hilarant du Panach’Club ! » – Rapidelle, le 27/03/03.

La Capitale 07/03/03

Humour Aux Riches Claires
Un délire à la Monty Python

Alors que le printemps pointe ses premiers rayons de soleil, offrez-vous une moisson de vrais bonheurs. Vous avez aimé (ou entendu de bons échos de) « Notre Dame de Paris » et/ou de « Est-ce qu’on ne pourrait pas s’aimer un peu ? » avec l’inimitable Éric de Staercke? Cette fois, ce comédien à l’immense talent orchestre « À la recherche du sens de la vie perdu » à l’affiche du centre culturel des Riches-Claires jusqu’au 29 mars.
Dix comé diens sortis en juin dernier de la section théâtre de l’Institut des arts de diffusion (IAD) montent le premier spectacle de leur toute « fraîche » troupe, Le Panach’Club, sous l’oeil attentif de leur « ancien » professeur Éric de Staercke.
Mercredi soir, à l’issue de la première, le metteur en scène confiait, avec humilité, son enthousiasme pour les talents de ces jeunes comédiens à l’énergie communicative. « Ils sont incroyables! Ils sont frais et ont envie de tout donner. Nous avions travaillé avec cette classe des sketches des Monty Python, il y a deux ans. Mais les droits d’auteur sont bloqués à Paris par des Suisses. Voyant l’énergie que ce groupe dégageait, on s’est dit qu’on allait écrire ! Je leur ai proposé deux pistes: se dire qu’aussi bien une femme qu’un homme peut jouer tous les rôles et éviter que les auteurs n’interprètent pas ce qu’ils ont écrit. »
À deux, quatre mains (voire bien plus !), les jeunes comédiens ont conçu une série de sketches absolument délirants. Avec en fil rouge, un seul angle de vue : « Regarder la vie avec un décalage ».
Le résultat? Un spectacle bouillonnant d’inventivité, à l’humour (très anglais), délicieusement absurde et décalé.
Les joyeux drilles du Panach’Club ancrent leur propos dans la vie quotidienne, en introduisant un élément déclencheur qui fait qu’en un instant, la vie bascule… De la scène du licenciement collectif qui s’achève en radeau de la Méduse, du bal de la police à la vente d’organes sous le manteau, du duel verbal entre Jésus-Christ et Victor Hugo, les jeunes comédiens cumulent les situations extravagantes sans verbiage ni complaisance pour les travers de notre société. L’orchestre saugrenu est dirigé par Éloi Baudimont tandis que Aïssatou Diop mène les chants.
Quant à Éric De Staercke, il s’en donne à coeur joie pour faire évoluer ses acteurs à une cadence effrénée. Lui qui aime rappeler que le théâtre est avant tout un art vivant, fait exploser les talents de ces jeunes « pousses » théâtrales. À savourer… au plus vite !
KATEL FRÉSON

 

Le Soir 20/03/03

le soir 20-03-03

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TOUS COUPABLES 

Bureau, fais ton office!

(Le Soir 17/10/05)

 Ils sont six et font l’humour à même les planches. Déchaînés, décomplexés et particulièrement allumés, les jeunes comédiens du Panach’Club s’en prennent au sujet préféré de l’art : l’amour. Ou plutôt le sexe. Ou le pouvoir. Ou tout à la fois. « Tous coupables » observe le travail de bureau, ses ambitions et ses frustrations, à travers un prisme explosif : le désir. Le résultat est assez irrésistible, du bureau des expéditions à la machine à café, même si une mise au net s’imposerait pour que le spectacle dépasse le brouillon.

Depuis 2002, on connaît la fougue de la jeune équipe, éprise d’écriture collective et d’humour absurde. Née à l’IAD de Louvain-la-Neuve, la troupe a bénéficié des soins attentifs d’Eric De Staercke. Son premier spectacle, « A la recherche du sens de la vie perdu », déclinait les grandes questions de l’existence sous forme de sketches joyeusement délirants. Vint ensuite « L’illusion chronique », qui résumait notre société en un seul supermarché. Un mélange imparable de blagues à froid et de caricature réaliste, lorgnant vers les Monty Pythons et Tati, s’est imposé comme sa marque de fabrique.

Avec « Tous coupables », cette sacrée bande passe à la vitesse supérieure. Leur humour à froid se met à bouillir. En une vingtaine de saynètes, six employés de bureau résument les figures de l’amour : la bluette, le désir fauve, la contrition, le mysticisme, la hargne, la soumission, la vénération et l’abstinence. Entre autres. On découvre ainsi un patron au bord des larmes (Arnard Crèvecoeur), tant il aime le travail de son employé (Valéry Massion) ; un couple complètement coincé (Marc Weiss et Marie-Noëlle Hébrant) qui ne se défoule que pendant la pause café ; deux amies en pleine révélation divine, l’une à propos de Jésus, l’autre à propos des baffes de son mec (Joséphine de Renesse et Delphine Ysaÿe).

Sans décor et en fondu enchaîné, la mise en scène de Valéry Massion laisse libre court à un jeu survolté, dont la force de frappe gagnerait à descendre de quelques degrés pour éviter de virer à la pantalonnade, la caricature n’étant pas la grimace.

Laurent Ancion.

 

 

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L’ILLUSION CHRONIQUE

Sous les codes-barres : des coeurs

(La Capitale 20/04/05)

Regardons-nous au fond des yeux: qui peut se vanter d’accorder aux caissières des supermarchés beaucoup plus d’attention qu’aux caddies ou aux promotions du rayon outillage en gros?
Et pourtant, par-delà ce que nous avons furieusement tendance à considérer comme de simples machines à encoder nos petits achats, figurez-vous que se niche un être humain, une sensibilité, toute une vie quoi!
Que celui qui n’a jamais fusillé d’un regard hautain une caissière débutante, maladroite et un peu lente, jette la première pierre… Et c’est précisément dans l’univers impitoyable et survolté des grandes surfaces que nous entraîne la nouvelle création du Panach’ Club. Avec un humour caustique et décalé, les douze comédiens nous invitent à pénétrer dans les coulisses d’un supermarché.
LES PERSONNAGES D’ABORD
Dans un sas situé entre la pleine lumière du magasin et les tréfonds obscurs des entrepôts, une sorte de no man’s land-aire de repos: les employés se croisent, se rencontrent, se racontent. Douze vies se dévoilent.
« L’Illusion chronique » est la troisième pièce du Panach’Club, un texte écrit collectivement dont nous parle Eric De Staercke, co-auteur et metteur en scène.
« Le processus d’écriture s’est fait à l’inverse de ce qui se fait d’habitude. Au lieu de commencer par imaginer l’histoire, nous nous sommes d’abord attachés à donner vie aux personnages, à leur construire des caractères, un univers propre. Nous avions envie de les insérer dans un cadre très représentatif de notre époque, un grand magasin est un lieu incontournable, symbole par excellence de la société de consommation et de ses dérives: la solitude, l’exploitation, la hiérarchie…»
Le Panach’Club nous propose une fresque humaine, oscillant de l’absurde au cocasse qui, entre deux éclats de rire, pose de bien pertinentes questions: dans un monde pressé, dominé par l’argent et la productivité, y a-il encore place pour nos rêves, nos envies, la culture de nos illusions…
Peut-être que sous les boîtes de conserve, la révolte gronde.
CECIL DE FROIDMONT

 

Acide Sitcom au supermarché

(La Libre 16/04/2005)

 

SUR LA SCÈNE DES RICHES- CLAIRES, ils sont une douzaine à déployer la vive énergie de la troisième création estampillée Panach’Club. Le collectif de jeunes comédiens issus de l’IAD s’était fait connaître avec «A la recherche du sens de la vie perdu», saynètes souvent succulentes parfumées à l’absurde, pimentées par le regard d’Eric De Staercke, ex-prof de la bande.

Toujours complice de leur aventure aujourd’hui, il met en scène «L’Illusion chronique», fruit d’une écriture à douze -périlleux exercice, et franche réussite- cadré dans l’univers du supermarché. Or voilà bien l’avantage du cadre: tout en conditionnant l’expression il la libère; tout en concentrant l’attention sur ce qu’il enserre, il fourmille de détails. Sur cette base (le supermarché, lieu ultrafamilier de la modernité consommatrice et quotidienne) se tissent les conventions de la sitcom. Lieu unique (l’ espace détente de la grande surface, entre entrepôt et rayonnages), personnages multiples, intrigues croisées. C’est d’ailleurs le croisement qui marque le début du spectacle, cristallisant le tout dans ce lieu de passage où les employés viennent se reposer mais où tout, toujours, doit finalement aller vite. Les intrigues s’installent ensuite, progressivement, à mesure que se développent les caractères imaginés et construits collectivement.

Dylan le boucher déprimé à l’enfance pourrie mais au fond optimiste (Sébastien Schmit), Marie-Ange le soutien psychologique et ses fourbes «moments cocoon» (Aïssatou Diop), Monique la poissonnière «crevée» (épatante Marie-Noëlle Hébrant), Christian le soi-disant chef aux airs hautains et aux mains baladeuses (Valéry Massion), Sonia le mannequin vivant et son insoupçonnable double vie (Joséphine de Renesse), Alex la manutentionnaire révolutionnaire (Fanny Hanciaux), Marie-Claire la trop gentille (Maud Lefebvre), Sylvain le coursier simplet mais amoureux (Marc Weiss), Céline l’étudiante testeuse de produits (Laetitia Salsano), Dolorès la libraire sophistiquée solitaire (Delphine Ysaye), Jean l’agent de sécurité poète (Arnaud Crèvecoeur), et le sporadique Phil, coach de groupe (Raphaël Charlier).

Lieu unique et propos anecdotique: une sitcom en somme, mais acide -car sous le train-train gronde la révolte-, rudement bien observée, et assumant la caricature avec un aplomb qui force le respect. Les compositions musicales faussement bricolées d’Eloi Beaudimont parachèvent le tableau, énergique en diable.

M. Ba.

Les Riches Claires se muent en supermarché : à l’ombre des frigos la révolte gronde…

(Le Soir 14/04/05)

Après avoir vu cette « Illusion chronique », vous n’irez plus faire vos courses au super avec la même indifférence. Vous guetterez Monique à la poissonnerie, vous épierez Dolorès au rayon librairie, vous mépriserez Christian, responsable frigo, vous plaindrez Marie-Claire, bonne poire, vous zyeuterez Sonia, mannequin permanent, et vous fuirez Marie-Ange, solide enquiquineuse.Bref, vous jetterez un oeil nouveau sur ce super aseptisé qui vous apparaîtra soudain comme un univers sauvage et inhumain. Mais vous saurez que la révolte gronde, que les éclaircies naissent et qu’on peut ne pas perdre l’espoir d’être autre chose qu’un robot de supermarché.

Et tout cela grâce au Panach’ Club, un collectif qui a imaginé, écrit et qui joue « L’illusion chronique », qu’Eric De Staercke met en scène aux Riches-Claires, à Bruxelles. Et c’est pas triste.

On rit, parfois à gorge déployée, à cette suite de sketches et de chansons menée avec enthousiasme. Morceaux choisis : Joseph a des triplés, comme ça Jésus aura moins froid sur la croix ou C’est le caddy de mes soucis.

Mais on se remue aussi. Quand cette perverse de Marie-Ange oblige Sonia à mettre son tablier estampillé : Je nous protège de ta différence. Ou quand Marie-Claire chante son infortune : Je suis comme un cheval à bascule à l’entrée du magasin qui ne serait pas passé à l’euro et que plus personne ne regarde…

Et on ne rit plus du tout à la goujaterie et à la cruauté de Christian ni au voyeurisme sadique de sainte Marie-Ange. Cette comédie musicale est finalement un drôle de drame, mis en scène et joué avec un peps pas possible et des nuances subtiles. On devrait citer toute l’équipe mais c’est une équipe, alors : tout le monde est super. Allez, quand même, on va décorer les deux employés du mois : Aïssatou Diop (Marie-Ange) et Marie-Noëlle Hébrant (Monique). Mais, demain, ce sera sans doute deux autres. Le spectacle change un peu tous les jours. C’est une aubaine : on peut le revoir…·

 

ean-Claude Van Troyen

Kiosque avril 2005

« L’adage l’affirme et les scènes bruxelloises, d’ailleurs, le démontrent sans cesse : le théâtre c’est la vie. Avec ses accros, ses plaisirs, ses routines et ses déroutes. Le supermarché, par exemple : banal mais essentiel, anonyme mais tellement vivant. Il fallait un virtuose de la scénographie – Eric De Staercke – pour le mettre en scène. Une intrigue toute simple – une grève du zèle – pour le rendre burlesque. Et douze comédiens au panache cyranesque pour le peupler de personnages hauts en couleurs. Construite comme un feuilleton, légère et pétillante, l’histoire qui s’y déroule ressemble évidemment à la nôtre, ou s’en distancie étrangement. Dans les deux cas, elle est irrésistible. » Olivier Hespel

  

nocturnes-in-bed

IN BED WITH THE PANACH

Sport en chambre avec Panach’

(Le Soir 27/09/08)

Qui a postulé que la nuit n’engendrait que noirceur, fantômes et angoisses ? Aux Nocturnes du Panach’Club, elle est source de folie furieuse et de rires en cascades. Après A la recherche du sens de la vie perdu et L’illusion chronique, l’équipe de treize auteurs et comédiens se voit une fois encore prise en flagrant délire, sous la direction du complice de toujours, Eric De Staercke.

Cette fois, la compagnie nous convie dans les draps froissés d’un grand lit pour se faire marchands de fables farfelues au cœur d’une nuit d’enfer de deux heures avec entracte. D’un lit à baldaquin « king size », seul élément du décor, émergeront une myriade de personnages hauts en couleurs.

Jaillissant de sous le matelas ou de derrière les coussins, onze comédiens alternent une quinzaine de tableaux plus rapidement que ne battent les paupières en plein sommeil paradoxal. « Mieux vaut s’enfoncer dans la nuit qu’un clou dans la fesse droite », annonce une bande qui prouve que les Monty Python font définitivement partie de leur ADN. Toutes plus absurdes et surréalistes, les scènes font défiler des nuits, sinon plus belles, en tout cas, plus décomplexées que nos jours. Qu’il revisite des nuits célèbres comme celle, fatale (et ici impayable), de Roméo et Juliette, ou qu’il entre dans l’intimité d’un couple lambda déchiré entre vœu d’abstinence et libido déchaînée, le Panach’Club creuse les petits travers, doutes et paradoxes de chacun.

On croise de tout sur ce matelas à ressorts comiques : un prince venu délivrer une belle au bois dormant féministe qui ne croit pas au conte de fées, une mère en chaleur qui se sacrifie lors de la nuit de noces de sa fille pour consommer le mariage, un comité « antisomniaque », une Faucheuse qui se retrouve au chômage à la suite d’une mortelle mission de nuit. Si certaines scènes sont moins réussies, l’ensemble nous séduit haut la main grâce à la générosité et l’imagination débordante d’une équipe qui sait aussi ponctuer son spectacle de numéros musicaux, prouvant que nuit ne rime décidément pas avec ennui.

Christine Mackereel.

La nuit dans un lit : 1001 vies

(La Libre 29/09/08)

Le Panach’Club revient ! Pour leur quatrième création, le collectif de comédiens issus de l’IAD, qui s’est fait connaître avec « A la Recherche du sens de la vie perdu », nous invite, cette fois, dans leur lit.

A l’instar de leur premier spectacle, ils reprennent la même construction en saynètes dynamiques et pétillantes. Mises en scène par leur complice Eric de Staercke, ex-prof du groupe, les situations délirantes s’enchaînent à un rythme fou ! L’écriture collective – exercice compliqué mais réussi – presque absurde est nourrie de répliques percutantes et bien senties.

Sur la scène des Riches-Claires, les onze comédiens pleins d’énergie incarnent tour à tour un couple en crise, des jeunes mariés lors de la nuit de noces, un chômeur, Helmut et Belinda, la mort prête à faucher, des bébés, un homme qui a peur du noir, une femme en train d’accoucher, un contrôleur de sommeil, des prisonniers, Roméo et Juliette, etc. Toutes les scènes les plus abracadabrantesques se déroulent sur le grand lit blanc placé au centre du plateau.

Loin d’être soporifique, le spectacle déménage, entre les compositions musicales d’Eloi Beaudimont, les chansons débridées et les pyjamas aussi extravagants les uns que les autres (chapeau pour la collection de chaussons).

Ceux qui connaissent bien l’univers du Panach’Club pourraient penser que l’innovation et la surprise des débuts ne sont plus au rendez-vous.

Pourtant, la créativité de la joyeuse bande qui se donne sans compter est toujours détonante. L’écriture soignée, les jeux de mots touchant leur cible (deux répliques de légende lors de l’oraison funèbre d’un cochon : « Niouf-Niouf, tu fais partie des gens bons, tu as toujours fait du bien à autrui« ), la mise en scène originale, le jeu forcé par la caricature mais toujours juste font de « Nocturnes » un spectacle délirant et drôle.

Camille Perotti.